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Accueil Soutenez-nous Comment soutenir : prier Prier avec Jeanne de Lestonnac 1

Prier avec Jeanne de Lestonnac 1

Dieu fit entendre sensiblement sa voix dans le fond de mon cœur en ces termes : prends garde, ma fille, de ne laisser jamais éteindre ce feu que j'ai allumé dans ton cœur et qui te porte maintenant avec tant d'ardeur à mon service (HO p.53)

 

Ainsi se présente Jeanne de Lestonnac vers 12-13 ans. Une adolescente, qui nourrit des désirs et des rêves sur son avenir, dans un climat politique, religieux et familial plus que troublé.

Jeanne a reçu une solide éducation grâce à la culture humaniste transmise par sa mère, Jeanne Eyquem de Montaigne, sœur de Michel, l’auteur des Essais.

Durant une période de son enfance, elle a été également au contact de la foi des Réformés, par un séjour chez un frère de sa mère, fervent calviniste. Mais son père Richard de Lestonnac « défendit toujours sa fille contre les surprises d’une dangereuse éducation […]. Michel de Montaigne agissait de concert avec lui […] il employa son beau génie à conserver sa nièce dans le parti de la vérité […]. Il s’y appliquait avec d’autant plus de plaisir qu’il était charmé de la beauté de l’âme de cette fille » (HO p. 49)

En parlant de cette époque de sa vie, Jeanne relira plus tard la manière d’agir de Dieu envers elle. Il est venu en aide à sa fragilité d’enfant, en lui envoyant les soutiens nécessaires, par l’intermédiaire des personnes qui prenaient soin d’elle. Et elle aimera à reprendre à son compte ce verset du psaume : « Nous avons été libérés comme un oiseau du filet du chasseur : le filet s’est rompu et nous avons échappé » (Ps 124).

Mais Jeanne est bien vite amenée à vivre une relation difficile avec sa mère, l’affection naturelle qu’elle lui porte ne trouvant plus d’écho. En effet, Madame de Lestonnac surprise de l’opposition de sa fille envers ses enseignements et comprenant qu’elle ne pourra pas la gagner à la cause calviniste, prend alors des distances avec elle. « Alors la tendresse de la mère diminua, et sa mauvaise politique fut déconcertée, elle ne pouvait plus souffrir sa fille ; quoiqu’elles continuent de vivre ensemble, on en vint pourtant à une grande séparation qui est celle du cœur » (HO p. 53). Jeanne, quant à elle, n’en aime pas moins sa mère.

Tout en souffrant de cette situation, Jeanne participe aux réceptions de la jeunesse bordelaise et se plait à se faire remarquer par son esprit et sa beauté.

Mais peu à peu un changement s’opère en elle. Elle est marquée par les paroles du Père Auger et, depuis quelque temps, fortement impressionnée par la personne de Thérèse d’Avila. Des nouvelles lui parviennent de l’œuvre de cette femme qui, par la force de sa foi, est en train de rénover les Carmes en Espagne, en appelant les religieuses à revenir à l’essentiel : un amour sans partage pour le Christ Seigneur. Jeanne souhaiterait qu’il y ait une telle personne en France. « Quoi, disait-elle, est-il possible qu’une fille fasse en Espagne ce qu’on dit, et ne sera-t-il par permis de faire de même en France ? » (SM p.9) :

Jeanne apparait alors plus réservée, plus réfléchie. « En elle grandit la conviction que la vie, se déroule ailleurs, elle ne sait pas bien où, mais pas dans les salons ou dans les réunions élégantes et frivoles auxquelles elle a pris plaisir. Peut-être dehors, dans les rues où la misère est partout. Peut-être parmi les gens humbles et ignorants. Ou peut-être dans la paix silencieuse et accueillante d’un monastère…Cette idée fera lentement son chemin, jusqu’à devenir une profonde attirance intérieure » (CM p.28).

La présence de Marie commence à l’accompagner, à prendre de l’importance sur son chemin de foi. Dans l’alternance d’intuitions, de troubles, d’aspirations qui l’habitent, Jeanne éprouve une profonde attirance pour la prière. C’est dans ces moments d’intimité où elle exprime au Seigneur ses désirs profonds de  se donner à lui et de se mettre à son service, qu’elle reçoit comme une réponse immédiate à ses demandes, par ces paroles qui résonnent en son cœur :

Prends garde, ma fille, de ne laisser jamais éteindre ce feu que j’ai allumé dans ton cœur et qui te porte maintenant avec tant d’ardeur à mon service (HO p.53).

 

Paroles qui éclairent, qui l’aident à comprendre que le moment n’est pas encore venu de se consacrer au Seigneur.

Paroles qui lui apprennent qu’elle se trouvera dans des situations telles qu’elles pourront éteindre ou diminuer cette flamme si elle ne l’alimente pas.

Paroles qui la prépare à prendre des chemins apparemment contraires à ses intentions, mais qui lui laissent entendre que Dieu lui-même la conduit.

C’est ainsi que devait se poursuivre la lente formation que l’Esprit effectuait en Jeanne, l’exerçant au discernement, dans la réponse intelligente et généreuse à donner aux appels du moment présent, tout en cultivant ce feu d’amour qui procurera chaleur et lumière à tous ceux et celles qui l’approcheront.

 

 

Extrait du livre "Prier 15 jours avec SAINTE JEANNE DE LESTONNAC nièce de Montaigne"

par Colette Codet de Boisse, odn et Françoise Lacaze, odn. Ed. Nouvelle Cité

 

 

 

Comment j’entretiens ce feu que le Seigneur allume en chacun de nous d’une manière unique ?

« C’est un feu que je suis venu apporter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé »

Lc 12, 49

 

Le feu dans la bible est le symbole de l’expérience de Dieu et de sa présence : Feu du buisson ardent (Ex.3,2), feu du Sinaï (Ex.19,18), colonne de feu (Ex.13,21), feu d’Elie et des prophètes brûlés par l’amour de Dieu.

Le feu est aussi symbole de purification : Jésus annonce que le Règne de Dieu viendra comme un feu purifiant séparant les justes et les pécheurs.

Le feu est encore pour l’Evangéliste Luc le symbole de l’Esprit : rappelons-nous les langues de feu de la Pentecôte, le feu également qui brûle dans le cœur des deux disciples d’Emmaüs.

Jésus annonce qu’il est venu pour que le monde soit purifié par le Saint-Esprit et embrasé par le feu de son amour.