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Situation très tendue au Nicaragua

Témoignage d'Enrique Gonzalès, directeur de Redes de Solidaridad, dans une lettre et article publié par Le Point le 24 avril. Ces deux éléments nous montrent la tension grandissante au Nicaragua.

Samedi 25 avril 2018

Chères amies,
Chers amis,

Je vous écris depuis Managua, alors qu'une marche massive pacifique se dirige vers la cathédrale. Au Nicaragua il règne aujourd'hui, samedi, un calme tendu. Ces derniers jours, il n'y a pas eu d'attaques de la part de la police, ni de l'armée, ni de groupes violents portant leurs fameux t-shirts avec la signature de Daniel. Après la manifestation de lundi dernier, le 23, les appels à la paix n’ont pas cessé. La Vice-présidente, Rosario Murillo, qui, il y a quelques jours, qualifiait les manifestants de « vampires avides de sang » a « remercié Dieu pour le retour à la normalité, à la raison, au travail et à la paix au Nicaragua ».


Daniel Ortega a retiré la réforme de la Sécurité Sociale, mais les images des morts (plus de 60 selon la CPDH, Commission Permanente des Droits Humains) ne peuvent pas être retirées des réseaux sociaux. Dans les médias officiels, les marches, les manifestations silencieuses, les hommages ont été ignorés. Ils n'ont jamais existé pour eux. Certes, il sera difficile pour les paysans qui vivent dans les régions oubliées de l'intérieur du Nicaragua d'avoir d'autres informations que celles qui leur parviennent à travers les radios et télévisions, contrôlées ou dirigées par les enfants de Rosario et de Daniel.


Nous sommes maintenant tous et toutes en attente d’un dialogue dont on ignore les sujets, les échéances, les objectifs et les protagonistes. La clameur la plus écoutée réclame maintenant, comme seul point de dialogue, la démission du gouvernement, qui compte désormais pour l'histoire son propre massacre. Comme Somoza, contre lequel Daniel Ortega s'est battu, pour le déloger du pouvoir dans les lointaines années 1970.


À Nueva Vida, le quartier où travaille Redes, les gens ont peur. Ils sont les moins protégés. Et les affrontements entre bandes ont causé 5 morts d’une cruauté extrême. Nous avons ouvert l'école de Redes à partir de mercredi, mais très peu de parents y ont amené leurs enfants.


Vendredi, en quittant Redes, nous avons emporté avec nous les objets de valeur et nous avons fermé les portes en espérant qu'il n'y aurait pas de dommages, ni de violence dans le quartier. Le plus difficile a été de laisser tous ces ami/es et compagnon/es qui vivent là-bas et de leur dire, la peur au cœur, « à mercredi ».
Bien cordialement,

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Enrique González
Directeur
Redes de Solidaridad
Tél. : (505) 8927.4507

 

Lire aussi: Extrait de l'hebdomadaire, Le Point, daté du 24 avril 2018